Première séance de 5S au bureau : le Seiri par du vide

mercredi 12 juillet 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Aujourd'hui au bureau, ce n'était pas un grand ménage de printemps. Ce fut plutôt une mini-tornade de Seiri : le premier S des 5 (les autres étant Seiton, Seiso, Seiketsu et Shitsuke : une autre histoire de Lean).

Visiblement prendre 2h pour se débarrasser de tout un tas de trucs, ça permet de faire un peu de vide, de se reposer des questions d'organisation...

Première étape, nous avons fait deux tas : "à supprimer" et "en suspens". En tant que gérant, j'avais le privilège d'utiliser directement le premier. Heureusement le reste de l'équipe a vite compris que le deuxième allait fondre comme banquise en 2017.

Après avoir dégager les cds (veilles sauvegardes, pilotes de matériel depuis longtemps obsolète, boîtes vides et disques vierges), ce fut le tour des tours : elle ne servait plus que pour les post-its neufs.

Troisième temps, le tri : certains trucs ont été récupérés par les uns et les autres, le recyclable s'est retrouvé dans les sacs verts ou des cartons, le non-recyclable dans les noirs et les composants électriques ou électroniques dans un coin (prêt pour la déchetterie). La parenthèse ouverte vers 14h30 pouvait se refermer tranquillement avant le tea time.

Ce fut aussi l'occasion de passer un coup d'aspirateur un peu plus appuyé, d'agrandir le coin repas, de déplacer quelques plantes, de nettoyer des claviers, de remplacer une multi-prise par une autre plus grande, de regrouper les fournitures neuves, d'agrandir l'espace dédié aux archives, etc.

C'est d'ailleurs la question des archives qui m'aura le plus marqué : les cédéroms qui n'avaient jamais servi ne serviront plus jamais. Par contre les boîtes d'archives avec tout la paperasse, classée mois par mois, attend à l'abri un transfert aux archives nationales du travail.

Le Lean continue de me surprendre

mercredi 5 juillet 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Cela fait maintenant un trimestre qu’on a lancé notre démarche Lean chez No Parking. Aux premiers jeux lancés au démarrage (par jour : 6 tickets et une contre-mesure sur un problème; par semaine : un nouveau client), se sont ajoutés des nouveaux exercices (par semaine : un coup de fil à un client récent; puis le dernier par trimestre : un projet kaizen pour chacun).

Le nombre de tableaux dans les bureaux suit la même courbe croissante. Il y a une zone pour les informations qui changent tous les jours.

le panneau pour tous les jours

Une autre pour les tableaux au rythme plutôt hebdomadaire ou mensuel.

le panneau pour toutes les semaines ou les mois

Et une troisième où arriveront les tableaux trimestriels (et plus).

le futur panneau pour tous les trimestres

Mais derrière toute cette mécanique de kaizen, d’amélioration continue, de 6 étapes, de 5 pourquoi, de PDCA (ou PISCAR), de lead time - pour ne citer que les trucs qu’on a commencé à explorer - je suis toujours surpris par le côté systémique que révèle ces travaux pratiques réguliers.

Prêt pour un exemple ?

Certains nouveaux comptes n’arrivaient pas à se connecter sur leur instance Opentime. L’email avec les codes d’accès partaient bien mais visiblement Google, Microsoft & Co ont réussi à rendre la vie tellement dure aux spammeurs que pour nous aussi c’était devenu difficile d’assurer d’une réception correcte. Après avoir découvert (puis corrigé) une série de problèmes grâce à Mail-tester puis ajouté un lien de connexion automatique (avec jeton temporaire), on a décidé d’arrêter la création des comptes en asynchrone (avec une latence de 2 minutes environ) pour revenir à une création synchrone. L’attente est désormais réduit à moins de 10 secondes : le temps de traiter le formulaire d’inscription, d’afficher une page de transition et de basculer vers l’instance nouvellement créée. Le résultat est satisfaisant : on reçoit beaucoup moins de message d’emails perdus et de mots de passe oubliés. Mais le véritable succès est ailleurs : tous les comptes ouverts sont désormais très vite testés. Au moins quelques clics, au moins quelques minutes. Et un nouveau problème apparaît aussitôt : comment mieux convaincre les prospects qu’ils sont effectivement en train de tester le bon logiciel pour leur besoin ? Du lac et des rochers qu’ils disaient…

De l’individuation comme matrice du code

mercredi 5 juillet 2017 :: perrick :: Développement :: aucun commentaire :: aucun trackback

Il y a un art du bug : le corriger localement et rapidement bien sûr mais aussi - et peut-être surtout - comprendre, voir et sentir la structure générale de l’application dans son ensemble afin de le laisser dans un état sain, sans trop de cicatrices. Ne pas fuir avec un copier-coller brutal mais discerner l’architecture générale, aussi nébuleuse soit-elle, et la compléter, dans l’élan qu’elle porte déjà en elle.

En s’appuyant sur Gilbert Simondon, Arnaud Bailly utilise le concept d’individuation dans sa conférence On the Mode of Existence of Software pour couvrir ce cas. Et il y en a d’autres pépites pour les curieux de concepts, de philosophie et de code….

Arnaud Bailly - On the Mode of Existence of Software from NEWCRAFTS Conferences.

Des ruminants aux bébés mammifères, une divagation politico-écologique

jeudi 22 juin 2017 :: perrick :: Ecologie :: aucun commentaire :: aucun trackback

Au niveau mondial, les émissions annuelles de méthane digestif (chez les ruminants donc) correspondent à environ 15% des émissions de ce gaz à effet de serre. Et s’il ne contribue qu’aux alentours 3% de l’effet de serre, il n’en reste pas moins un facteur important surtout si on ajoute le transport des bêtes destinées à la consommation : en moyenne 660 km rien que pour l’agglomération parisienne. Et pendant que la question de savoir s’il faut devenir végétarien pour sauver la planète se fraye petit à petit un chemin vers la légitimité, les promoteurs du végétarianisme en ont fait un combat contre le réchauffement climatique.

Parallèlement l’association L214 publie régulièrement des vidéos choc : si la plupart de leurs productions ne dépasse pas les 5000 vues, l’abattoir made in France - certifié bio - Le Vigan a dépassé le million (malgré un avertissement de YouTube). Et comme tous bons activistes numériques, leurs sites se croisent et se répondent : viande.infos, vegan-pratique.fr, etc. Les techniques sont éprouvées. Le public réceptif.

Dans ce contexte le parti animaliste pouvait fêter une belle victoire après les législatives de 2017 : avoir atteint 1% dans plus de 50 circonscriptions réparties sur au moins 30 départements. Et obtenir ainsi des financements publiques pour les 5 années à venir. En s’activant pour nos amis les bêtes, ce jeune parti décrochera cependant un financement minoré pour manque de parité (il y avait trop de femmes candidates).

Au delà de l’anecdote des affiches aux chatons, je suis curieux de voir si effectivement les animaux nous mèneront vers un planète plus respirable : les grands yeux trop mignons des bébés mammifères n’y seront probablement pas pour rien.

Huit bouquins lus, la quinzième vague

dimanche 18 juin 2017 :: perrick :: Livres :: aucun commentaire :: aucun trackback

Longue vie au #MacronLeaks

lundi 22 mai 2017 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

La boule puante de la fin de la campagne présidentielle n'aura finalement pas fait pencher la balance. Mais avec le temps de la réflexion et des études, des pépites sortent peu à peu.

Il y a d'abord le très joli travail de visualisation réalisé par Alphoenix. Avec Python, Gephi ou OpenRefine, il obtient de beaux graphes et de belles images.

Au passage on peut voir la place centrale de l'Institut Montaigne dans le groupe d'expertise économique. Pas tellement un hasard pour un think-tank d'orientation libérale qui avait hébergé le mouvement de M. Macron au démarrage.

Toujours à partir des même sources, Mediapart nous offre une plongée pleine de macarons, de champagnes et de petits fours dans les délices de la levée de fonds de la start-up En Marche. Pas certains que les grands donateurs apprécient la mise en lumière...

Plus précise encore, l'enquête du Groupe Jean-Pierre Vernant : avec leur prisme d'universitaires, ce groupe jette une lumière crue sur le désastre qui vient au niveau des universités (un domaine que je côtoies un peu par amitiés interposées). Encore une fois, pas de révélation sulfureuse, juste la froide tristesse de l'exercice d'un pouvoir bureaucratique. Un univers bien traduit aussi par Yann Bisiou dans #MacronLeaks et ESR, chronique d’un rendez-vous manqué. Bien loin des aspirations du gemba.

Merci à toutes ces petites mains qui m'épargnent la lecture de ces Go de données ! Vivement la suite... D'ailleurs si vous avez d'autres pointeurs, je suis preneur pour enrichir ce billet.

Simone et les philosophes dans le top du classement des podcasts iTunes

mardi 9 mai 2017 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

Par convenance personnelle, Antoine avait demandé l'ajout du podcast de Simone et les philosophes dans iTunes. Peggy s'y est employée, probablement parce que la valeur perçue par le client est reine. Le premier effet de bord n'a pas tardé à apparaître : des commentaires d'inconnus sont apparus sur la plateforme d'Apple.

Et le deuxième date de ce matin :

Classement iTunes des podcasts en philosophie

Une place dans un classement (celui de Okihika) parmi les deux meilleurs podcasts de philosophie en France et dans un autre (celui d'Apple) dans le top 3. Et tout ça au bout du deuxième épisode, ça se fête ! Bravo et longue vie à Simone...

Quand Lille se rêve pour les 0,01% en quête d’investissement immobilier

vendredi 5 mai 2017 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Je garde de mon temps à Londres le plaisir dominical d’un journal. Un petit tour au kiosque pour acheter The Guardian ou The Observer, survoler plus ou moins rapidement les nombreux suppléments, commencer par la fin le journal proprement dit (autrement dit le sport, of course), relire la chronique d’Alexander Chancellor, finir avec les doigts plein d’encre. Au détour d’un week-end, c’est un Financial Times, apporté par une soeur après d’une traversée en Eurostar, qui arrive à la maison : certes les pages sont roses, mais la madeleine refait surface. Une bouffée londonienne…

Comme avec tous les journaux « professionnels » (du Marin à Eco121), je prends plaisir à découvrir des sujets qui ne m’intéressent pas directement : ils permettent de s’offrir à peu de frais un point de vue original, de toucher du doigt des problématiques qui nous impacteront plus tard ou de découvrir comment une industrie fait face à ses nouvelles contraintes.

Et puis en page 4 du supplément House & Home, une photo attire mon attention. Sa légende ? France - Lille Centre, Mansion transformed into a guest house (…). Appartement included. €2,990,000

Une 'Mansion' à Lille - France

Lille serait donc devenu une destination possible pour de riches investisseurs internationaux ? Ces 0,01% qui peuvent faire autre que rêver en consultant les annonces immobilières d’un appartement parisien, d’un manoir dans le Kent ou d’une résidence secondaire en Caroline du Sud.

Sauf que n’est pas Paradise Island - Bahamas ou Lavender Hours - Fulham qui veut. Vous aurez peut-être repéré comme moi non seulement l’affiche publicitaire qui cache une partie de la façade mais aussi les trois voitures, trop communes pour faire croire à un quartier Upper middle class. C’est à ce genre de détails qu’on voit la distance qu’il reste à parcourir pour que Lille puisse se prétendre ville-monde, quand bien même le Brexit rebat quelques cartes.

Des maisons de luxe en Grande-Bretagne

Les vélos en libre service en Chine

mardi 18 avril 2017 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Visiblement les systèmes de vélos partagés se sont envolés en Chine - ou au moins à Shanghai : plusieurs marques en compétition, des vélos disponibles sans borne, des cadres divers et variés, etc. Le récit de Project Gus est très instructif. Et je ne résiste pas à vous mettre quelques photos (je vous laisse trouver la plus "publicitaire", elle est sans lien 8-)

Visiblement les chinois ont le choix entre Mobike, Ofo, Bluegogo ou U Bike, entre autres. On est loin des turpitudes du vélib parisien. Même si les piles de vélos qui s'entassent ne sont pas au goût de tout le monde !

Recherche 40 sociétés pour préfigurer une monnaie locale inter-entreprise au sein de la MEL

mardi 4 avril 2017 :: perrick :: Entreprenariat :: aucun commentaire :: aucun trackback

Une monnaie locale pour la Métropole Européenne de Lille, avec le collectif « Monnaie Locale Bois Blancs » et d’autres, on y travaille depuis bientôt 2 ans. Avec le printemps, on a décidé de changer de braquet : on cherche désormais une quarantaine d’entreprises qui seraient prêtes à jouer le jeu le jour où cette monnaie émerge.

Carte de la MEL

Pendant que les élus passent par les vecteurs institutionnels (MEDEF, CJD, CCI, Chambre des métiers, etc.), notre objectif est désormais d’aller chercher les entreprises convaincues : celles dont l’équipe de direction a déjà vue le film « Demain », celles qui ont choisi un statut de coopérative, celles qui veulent se lancer dans une certification B-Corp, celles qui font du RSE tous les jours, etc. Bref celles qui ont envie de construire le monde d'après.

L’objectif à terme est de disposer au niveau du territoire métropolitain d’un réseau comme celui du Wir ou du Sardex : des entreprises formant une communauté dans laquelle les relations et la confiance commune sont le vrai capital pour construire l’économie de demain. Envie d’y participer le jour où ça se lance ? La première étape est tout simple : montrer son intérêt et rejoindre le groupe des entreprises pré-figuratrices. N’hésitez pas à en parler autour de vous...

Quand un mathématicien pleure de ses modèles

vendredi 24 mars 2017 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

Voir un mathématicien pleurer.

George Papanicolaou, spécialiste des mathématiques financières, pleure.

Non pas la perte d’un être cher, mais bien à cause de la mathématique elle-même. Tel est l’image que donne George Papanicolaou de sa discipline : prise dans les mailles de la finance néo-libérale, elle aura été capable de sécuriser tout le monde tant que « ça allait » et malheureusement incapable d’alerter nos dirigeants du risque systémique. Si vous n’avez pas vu Comment j'ai détesté les maths, il est peut-être encore temps; même si le documentaire date de 2011, il résonne encore en 2017. Il résonne d’autant plus pour moi que j’ai fait des études de mathématiques. À Londres. Entre 1995 et 1999. Et que ce « monde de la finance » a probablement embauché plus de la moitié de ma promotion.

Paul Jorion, celui là même qui nous invite désormais à se débarrasser du capitalisme car c’est une question de survie, a déjà bien identifié l’effet de fronde de cette finance-là : un « système qui génère de nouvelles aristocraties, ces 1% de la population qui détiennent 40% des richesses, et qui sont devenus un obstacle à la réforme du système ». Il nous invite désormais à soustraire l’argent de ce système dompté par les mathématiques financières. D’après lui, le revenu universel ne ferait qu’aggraver les choses : « 90% des sommes qu’on distribuera se retrouveront dans le coffre des banques », libre ensuite aux banquiers de trouver les équations pour en détourner - à leur profit - le maximum, sous couvert d’une assurance personnalisé par exemple.

[Sa] proposition alternative, c’est d’étendre la gratuité. On peut revenir à une santé et une éducation gratuite, et développer la gratuité de l’eau, des transports publics, et d’une alimentation de base. Ce qui ne représenterait pas des sommes considérables, serait à l’abri de la prédation des banques, et irait à l’encontre du consumérisme – contre lequel un revenu universel ne serait pas protégé.

Le aikishugyosha(élève en aikido) que je suis devenu l’année dernière apprécie. Relâcher en souplesse et proposer de la légerté pour retourner l’agressivité d’un adversaire, c’est délicat et redoutable à la fois. Et au passage ça rapproche des mathématiques, par la voie de leur élégance et de leur beauté.

Une semaine de 4 jours, le nouvel objectif chez No Parking

mercredi 22 mars 2017 :: perrick :: Entreprenariat :: aucun commentaire :: aucun trackback

Dans mon premier boulot - chef de projet multimedia dans une petite agence de communication aujourd’hui disparu - j’étais arrivé en pleine négociation des 35h (on est en 2009) : les patrons y réfléchissaient ardemment, il fallait quelqu’un pour représenter les salariés, j’y suis allé. Et puis il y a eu des aménagements pour les petites entreprises et les RTT nous sont passées sous le nez.

Presque quinze ans plus tard, j’explore le côté politique de la chose (initialement via le Collectif Roosevelt) mais la semaine de 4 jours ou les 32h restent encore tabou en France : quand bien même une campagne circule en ce moment - du travail pour tous - je n’attends plus grand chose de ce côté-là, le personnel politique sera le dernier à évoluer.

Restait donc le cas de No Parking : l’équipe y est encore à 37h30 - sans RTT. Alors que c’est l’endroit où je peux avoir le plus d’impact (j’en suis le dirigeant après tout) et où je suis le plus libre (avoir 100% du capital, ça aide). Et ce 21 mars, la petite équipe au grand complet - trois développeurs, une commerciale et une designer - vient de se fixer un objectif ambitieux pour la prochaine année fiscale : les 4 jours par semaine pour le prochain printemps (2018 donc), pour tout le monde, sans baisse de salaire. Et ce sera mieux encore si on pouvait augmenter tout le monde au passage.

Il paraît que le Lean permet ce genre prouesse : résultat dans un peu plus de 52 semaines.

Huit bouquins lus, la quatorzième vague

dimanche 19 mars 2017 :: perrick :: Livres :: 2 commentaires :: aucun trackback
  1. Contact de Matthew B. Crawford
    La suite de l’exploration du réparateur de moto philosophe : cette fois-ci M. Crawford nous plonge dans les affres de la modernité. L’évolution des aventures des personnages de Disney (de Mickey à Donald Duck en passant par Dingo) en est un marqueur : d’abord décontenancés par les objets d’un quotidien récalcitrant - et donc forcément très drôles - ils ont désormais une boîte magique avec des outils capable de répondre parfaitement à n’importe quelle situation. L’effet burlesque a disparu, la matière est escamoté et le réel perd toute aspérité. Cette quête d’un rapport désirable avec le monde, parce que formateur et enrichissant, le mènera à explorer la musique des salles de sport YMCA et Kant ou Kierkegaard, l’Américain statistiquement moyen et les tuyaux d’orgue de Taylor & Boody. Des allers-retours entre lecture de philosophie classique et analyse des gestes du travail ordinaire très féconds. livres.onpk.net
  2. Chez soi : une odyssée de l'espace domestique de Mona Cholet
    Fan de Mona Cholet depuis ses longs essais dans Périphéries, j’adore sa façon si particulière d’écrire des livres : un véritable papillonnage de références érudites en extraits éclairants pour défricher un terrain, la maison cette fois. Un battement de page m’a donné envie d’aller voir du côté de Christopher Alexander et de son classique A Pattern Language: Towns, Buildings, Constructionsi cher à tous les développeurs qui ont étudié nos fameux Design Patterns. Un autre nous mène à une comparaison entre les elfes d’Harry Potter et les travailleurs uberisés. Et toujours des références au féminin, comme ses pages autour du livre The Feminine Mystique : y entrevoir la chape de plomb, mortifère, glaçante et terrible, qu’on subit les Américaines avant 1963, effraie. Littéralement. Et visiblement elles ne veulent pas la voir revenir. livres.onpk.net
  3. Petite poucette de Michel Serres
    Un livre trop court et trop superficiel pour m’avoir intéressé durablement. livres.onpk.net
  4. Tout peut changer : Capitalisme & changement climatique de Naomi Klein
    Ce gros volume est alarmant : tout d’abord sur les méfaits de l’industrie extractiviste, mais aussi sur le combat idéologique mené des mécènes tantôt malveillants, tantôt opportunistes mais toujours fortunés. Eux ont choisir leur camp : ils veulent un capitalisme triomphant. Des habitants de la planète ne pourront le supporter et les années qui viennent seront décisives : ce sera eux ou nous, avec en première ligne les peuples autochtones et autres zadistes. Une démonstration implacables et très fouillée avec ce qu’il faut de touche personnelle pour sentir poindre la véritable humanité. livres.onpk.net
  5. C'est toi le printemps ? de Chiaki Okada et Ko Okada
    Un livre tout mignon avec des dessins magnifiques de simplicité et de douceur : l’histoire d’un lapin pressé de voir arriver le printemps. Et voilà qu’un grand ours blanc arrive… livres.onpk.net
  6. Le management Lean de Michael Ballé et Godefroy Beauvallet
    J’avais découvert le Lean via les livres de Mary et Tom Poppendieck, probablement au milieu des années 2000 : j’en avais profité pour faire sauter les itérations « agiles » qui étaient devenu un véritable carcan pour Opentime. En effet une fois qu’un logiciel Saas est en production, il n’est plus question d’attendre une semaine pour livrer une correction à un client. Nous avions au passage remplacé l’appellation « post-it » par « kanban » et nous nous proclamions « Lean ». Dix années plus tard, il était plus que temps d’aller revisiter ces notions : visiblement le chemin vers l’excellence est encore long, y compris pour No Parking(et nous aurons l’occasion d’en reparler prochainement). livres.onpk.net
  7. Culottées de Pénélope Bagieu
    Cette série de portraits au féminin a été publiée par épisode en 2016 sur un blog du Monde.fr: le livre est réjouissant avec de grandes illustrations qui viennent avantageusement compléter les planches du blog. On y découvre une galerie de femmes hautes en couleur, en conviction et en courage. Je n’y connaissais que Joséphine Baker. Entre Clémentine Delait, Delia Akeley, Agnodice ou Wu Zetian, les découvertes sont nombreuses. livres.onpk.net
  8. Systems of Survival de Jane Jacobs
    Jane Jacobs continue de me surprendre : je la connaissais pour ces réflexions économiques et urbaines, je la découvre sur des territoires philosophiques et politiques. Dans ce livre, elle explore deux « syndromes » qui sont autant de manière de survivre : celui du gardien lié au territoire (éviter le travail, adhérer à la tradition, être loyal, dispenser des largesses, etc.) et celui du marchand lié à l’échange (éviter la force, respecter les contrats, être honnête, être ouvert à l’inventivité et à la nouveauté, etc.). Elle montre combien ces deux systèmes sont mutuellement exclusifs : on ne peut pas à la fois être prompt à la vengeance ou prodigue en loisirs (d’autres aspects du gardien) et être économe ou promouvoir le confort et la commodité (ceux du marchand). Les combats à droite pour la présidence de la République en donnent des échos navrants : Mme Le Pen et M. Fillon, tous les deux figures sévères, autoritaires et nationales (des gardiens) sont rattrapés par des affaires financières (très marchandes donc); M. Macron, ancien banquier qui rêve d’une France de milliardaires habillées en costard (un marchand), se cherche une posture contre-nature à travers les grosses ficelles du service militaire(fétiche de gardien). Ces mélanges de genre sont - d’après elle - à l’origine de nombreux problèmes, quand bien même les uns ont besoin des autres (et réciproquement). Cherchez une organisation qui, d’une part, exige une loyauté à tout épreuve et sait être fataliste, et qui, d’autre part, fait preuve d’esprit d’entreprise, respecte scrupuleusement les contrats et sait investir à des fins productives; vous trouverez peut-être la Mafia sicilienne et sûrement un monstre. Si on veut éviter le système des castes (la France de l’Ancien Régime, mais encore l’Inde du XXe siècle) qui figent les personnes dans des rôles et qui bloquent les mélanges, il reste la « flexibilité bien informée » : elle permet aux uns et aux autres de passer successivement de l’un à l’autre de ses syndromes au gré des activités, sans les confondre. livres.onpk.net

Demain, un Super Apéro PHP ! Une Super Journée AFUP en 2019 ?

mercredi 8 mars 2017 :: perrick :: PHP :: 2 commentaires :: aucun trackback

Depuis le PHP Tour à Lille en 2011, plus grand chose ne s’y passait côté AFUP dans la capitale des Hauts-de-France. Il y avait bien eu la création d’une antenne locale mais finalement peu d’apéros. Heureusement les SfPots ont pris le relais : cette dynamique a abouti au dossier de candidature pour le PHP Tour 2018. Les esprits chagrin retiendront qu’il n’a été retenu cette année (bravo Montpellier), mais il le sera plus tard c’est certain. Mais encore une fois comment conserver cette envie d’aller de l’avant ?

Ce 9 mars 2017 est devenu en moins d’un mois le grand rendez-vous de toutes les villes qui font du PHP au quotidien. On y retrouve bien sûr celles qui ont déjà leurs apéros réguliers (comme Paris ou Lyon) mais surtout toutes celles dont la dynamique s’était essoufflée (Lille donc, mais aussi Bordeaux ou Luxembourg) ou celles qui émergent (Poitiers, Montpellier, Reims). Tous ces micro-évènements sont la preuve qu’il faut du rythme pour qu’une association tienne, qu’il faut des rendez-vous réguliers.

Pendant longtemps tout nouveau bureau de l’AFUP a eu une mission non-négociable : faire en sorte que le Forum PHP soit organisé. Le reste du programme d’un bureau est bien sûr important mais jamais impératif. Seul le Forum PHP l’est. Il est synonyme de vie pour tous les membres. Depuis le PHP Tour s’est installé : il permet à une ville d’impulser une dynamique sur un territoire (Luxembourg ou Montpellier en sont les meilleurs exemples) ou d’apporter un coup de projecteur sur des actions de terrain régulières et de qualité (plutôt le cas de Clermont-Ferrand).

J’ai l’impression qu’on détient avec ce Super Apéro, une formule intéressante pour permettre le développement des antennes locales : une formule souple (un bar et un organisateur dans une ville suffise pour se lancer) et une date fixe (la motivation des villes en dépend). Il ne reste plus qu’aux plus motivés d’y adjoindre une journée ou une après-midi de conférences et d’appeler ça : « la Super Journée AFUP ».

Ainsi on n’empiète pas sur le PHP Tour (qui reste à 2 jours), on se permet de faire plus qu’un apéro en profitant de l’effervescence nationale. Les lillois, dans votre dossier du PHP Tour 2018 il y a tout (lieu, speakers, thème, sponsors) : on la monte, cette journée spéciale ?

Le Revenu de Base est une super solution. Mais à quel problème ?

vendredi 3 mars 2017 :: perrick :: Connexe(s) :: 2 commentaires :: aucun trackback

Lors de la consultation pour choisir un candidat citoyen à l'élection présidentielle de 2017 via LaPrimaire.org, j'ai été surpris par une réponse de Nicolas Bernabeu sur ce fameux revenu de base.

Ce médecin corse de 31 ans - très diplômé et visiblement plutôt à gauche - propose un revenu de base pour « simplifier les systèmes économiques et sociaux », éviter les taxes (plus de CSG, plus de CRDS, etc.) et les allocations (familiales, chômage, maternité, etc.) tout en assurant nourriture, logement, santé pour une somme comprise entre 1250 pour ceux qui ne peuvent pas travailler et 850 euros par mois pour les autres.

Imaginons certains conséquences de ces cas précis :

Qui est prêt à perdre une partie de ses revenus, gagés sur le socle de notre contrat de société (la solidarité nationale), pour un revenu de base comme celui-là ? Pas une majorité de Français, je le crains. Vous me rétorquerez bien évidemment qu’il y a d’autres formules possibles. Vous auriez raison… Mais au juste à quoi servirait ce revenu de base ? Car la véritable question est là. Et malheureusement elle est absente de bien des débats.

A-t-on peur de la disparition du salariat, emporté par des robots ? De l’empilement administratif qui se complexifie à chaque législature ? Des inégalités toujours croissantes, renforcées par des politiques de dumping chez tel ou tel voisin ? Des loyers trop élevés en ville, devenus des barrières insurmontables de l’ascenseur social ? De la fin des retraites par répartition, après les écrêtages forcés des modèles par capitalisation ? De la disparition des solidarités nationales, européennes ou mondiales ? Des mutations incontrôlées du capitalisme contemporain ? D’autre choses encore ? De tout cela à la fois ?

Mon impression tenace est que le revenu de base est devenu un mot qui obscurcit le débat, qui empêche de se poser les bonnes questions. Une impression partagée visiblement.

Les robots qui pourraient fabriquer puis conduire des camions ? Bien sûr que j’en veux plus : les boulots pénibles et répétitifs, en 3x8 ou loin de chez soi doivent devenir une chose du passé. Et si on en profitait plutôt pour passer d’abord à 32h, puis à 28h.

Les procédures administratives contraignantes ? Oui bien sûr - et tout de suite même - s’il s’agit de protéger mes filles des perturbateurs endocriniens : visiblement l’Union Européenne préfère pour le moment faire passer le profit d’industriels en priorité. Et pour ceux qui en veulent moins, je suis prêt à être beta-testeur sur le prélèvement de mes cotisations d’indépendant à la source qui permettra en plus à l’État de pré-remplir ma déclaration d’impôts. On a des équipes minuscules au sein de beta.gouv.fr alors qu’on peut imaginer y améliorer des services existants et même en créer des nouveaux.

La fin du travail ? Visiblement Google a encore besoin d’un paquet d’ingénieurs pour détecter les commentaires haineux et la France pourrait créer un million d’emplois supplémentaires pour répondre aux enjeux écologiques, sociaux et économiques de la Transition. On a encore de la marge.

Les inégalités astronomiques ? Alors même que les sirènes du dumping fiscal promis par le Royaume-Uni commencent à se faire entendre, on pourrait commencer par une harmonisation fiscale.

Le capitalisme contemporain, hiérarchique, vectoraliste et anti-régulation ? La crise écologique nous fournit les détracteurs attendus et affutés (les affairés de gros sous), des alliés inhabituels (les peuples autochtones) et un levier encore plus puissant (le changement climatique) : c’est en tout cas la thèse - très argumentée - de Naomi Klein dans son dernier ouvrage Tout peut changer : Capitalisme & changement climatique.

Bref avant de faire passer notre si chère Sécu par pertes et profits, il faudrait peut-être vérifier qu’on ne détient pas juste une balle d’argent.